Gerardus Mercator, de son vrai nom Gerard de Kremer (ou Gerardusde Cremer), est né en 1512 à Rupelmonde, dans les Pays-Bas des Habsbourg, aujourd’hui en Belgique.
Son nom « Mercator » est tout simplement la latinisation de Kremer, qui signifie « marchand ».
C’était un personnage cultivé : mathématicien, géographe, cartographe, graveur et fabricant d’instruments scientifiques.
Il étudia notamment à l’université de Louvain et devint l’un des grands cartographes européens de la Renaissance.
Il lui arriva quelque chose d’assez étonnant : en 1544, les autorités des Pays-Bas des Habsbourg menèrent une répression contre des personnes soupçonnées de sympathies luthériennes ou réformées.
Mercator fut arrêté à Rupelmonde avec plusieurs dizaines d’autres personnes et accusé d’hérésie. fut emprisonné pendant environ sept mois au château de Rupelmonde.
Plusieurs personnes arrêtées dans cette affaire furent exécutées.
Mercator, lui, bénéficia d’interventions en sa faveur, notamment de personnalités qui le connaissaient, et les autorités ne purent établir suffisamment de preuves contre lui.
Il fut finalement libéré.
- Et il y a un élément intéressant pour comprendre la suite :
Mercator était profondément religieux et s’intéressait énormément aux Écritures.
Plus tard, en 1552, il quitta les Pays-Bas pour Duisbourg, dans le duché de Clèves, où le climat confessionnel était plus tolérant.
- Et sa fameuse carte ?
En 1569, à Duisbourg, Mercator publie une immense carte du monde destinée notamment aux navigateurs :
- « Nova et Aucta Orbis Terrae Descriptio ad Usum Navigantium… ».
Autrement dit, dès son titre, il annonce pratiquement son objectif : une nouvelle représentation du monde adaptée à l’usage des navigateurs sur sa projection, une route maritime suivant un cap constant, apparaît comme une ligne droite.
Le navigateur peut donc tracer son cap sur la carte.
Pour la navigation, Mercator a remarquablement réussi ce qu’il voulait faire.
Le problème vient lorsque cette bonne carte de navigation devient une carte générale du monde, accrochée aux murs des écoles et utilisée pour donner aux enfants une représentation intuitive de la taille des continents.
Ce n’était pas sa fonction première !
Et il a laissé autre chose au monde : l’« atlas »…
Mercato est aussi étroitement lié à l’usage moderne du mot atlas pour désigner un recueil de cartes.
Son grand ouvrage publié à titre posthume en 1595 portait le titre Atlas sive Cosmographicae Meditationes…
Il avait choisi Atlas, figure de la tradition antique, comme symbole de réflexion sur le monde.
- Pourquoi cette carte fait polémique aujourd’hui ?
Parce qu’elle n’était pas faite pour représenter les frontières, les pays.
- La véritable question est ailleurs :
Pourquoi continuer à utiliser, pour enseigner les dimensions du monde, une projection dont nous savons qu’elle les déforme ?
Merci à l’Union africaine, merci au Togo qui a relayé ce combat, en prenant position pour « Correct the map ».
Merci à toutes les âmes de bonne volonté.
Le réveil est individuel dans la collectivité !
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