mercredi 4 avril 2012
Musique : Sevy Rol's en pleine promotion de Partir ailleurs
Les Kinois ont eu le privilège d'être parmi les premiers à découvrir en live, du haut du podium du Festival Air D'iCi, le nouvel album qui lance la carrière solo de l'artiste. L'opus Partir ailleurs, a-t-on appris à la faveur de la prestation de son auteur le 10 mars, à la soirée de clôture du Festival Air D'iCi, a été dans son intégralité écrit par lui même et composé à la force de sa guitare. Son intitulé le laisse un peu deviner, l'œuvre porte sur une somme de réalités. Sevy Rol's y mêle tout à la fois des évocations de voyage, de rêves, de larmes, de sourires, d'amour et reste chargé d'espoirs. Une expression de ce qu'a été jusque-là son parcours personnel et professionnel. On y a découvert une fusion musicale qui s'estvoulue équilibrée entre l'Afrique et l'Europe.
Lors de ce concert, le répertoire de Sevy Rol's était composé de six titres. Le public avait ainsi eu droit à près de la moitié des chansons du nouvel opus. Debout au milieu de la scène, sa guitare en bandoulière, l'ancien chanteur du groupe Sao lui avait offert un bel aperçu de sa nouvelle œuvre. C'est sur les notes de « Je me cherche », le second titre de son opus, qu'il avait débuté sa prestation. Il a enchaîné une à une ses compositions qu'il se faisait l'effort d'accompagner d'une parole introductive. Le public l'a entendu chanter Kitikuala, Changer le temps, This is me, Chaînette jusqu'au titre éponyme, Partir ailleurs.
De retour en France, pays qu'il a choisi comme seconde patrie, Sevy Rol's s'est produit les 23 et 24 mars à l'African Music à Paris. Son agenda révèle qu'il se produira très prochainement au Théâtre de la reine blanche. Il y est à l'affiche du 21 avril au 4 mai.
Parti pour la France en 1998 afin d'y poursuivre ses études, Sevy Rol's s'était au départ inscrit à l'Université de Paris VIII. Il y avait bien commencé des cours de sociologie mais a fini par se consacrer pleinement à la musique, après qu'il s'est imprégné de la culture musicale européenne à la faveur de sa rencontre avec des musiciens français. Les choses ne sont pas restées là car leur collaboration a progressé au point de donner naissance au groupe Sao. Ses nouveaux amis lui avaient offert un support musical original pour ses textes et compositions. C'est ainsi qu'est sorti l'album Paris-Kinshasa en 2008. Le public kinois avait fait sa découverte au sein de ce groupe, il y a quelques années, sur le même podium de la Halle de la Gombe.
Nioni Masela
Photo 1 : Sevy Rol's lors de sa prestation au Festival air D'iCi
mardi 27 mars 2012
Enquête : Les Kinois restent majoritairement « conservateurs »
sondage d'opinion réalisé par l'agence Experts a démontré que seulement 2% des habitants de la capitale sont favorables au mariage des homosexuels, 6% ont réagi favorablement sur le fait de fumer dans les lieux publics et 10% ont abordé dans le même sens le problème de l'euthanasie.
L'étude a révélé que 36% des personnes consultées sont favorables à l'abolition de la peine de mort et de la publicité sur les boissons alcoolisées. L'agence Experts en conclut que les Kinois, dans leur majorité, sont des conservateurs. Les points abordés restent tabous et non débattus suffisamment en RDC, au moment où d'autres pays africains font un effort de s'adapter à l'évolution du temps. « Le mariage homosexuel, la parité entre homme et femme, l'euthanasie, l'abolition de la peine de mort, fumer dans les lieux publics et les publicités des boissons alcoolisées font partie des sujets d'actualité qui ne sont pas suffisamment discutés en RDC. Dans d'autres pays, il y a eu des avancées et/ou décisions claires », souligne l'enquêteur.
Cette absence de débat révèle aussi un certain malaise lorsqu'il s'agit d'aborder ces questions. « Lors de la session parlementaire du mois de juin 2011, certains de ces sujets (la parité homme-femme, l'homosexualité et l'abolition de la peine de mort) ont été abordés en RDC mais les débats ont été tellement passionnés qu'aucune décision concrète n'a été votée au niveau de l'Assemblée nationale », indique l'agence Experts.
À travers cette enquête, l'enquêteur a voulu simplement savoir comment les Kinois réagissaient face à cette situation. « Un échantillon représentatif de 1 000 Kinois a été interrogé du 8 au 10 juillet 2011, selon la méthode des quotas par âge, sexe, occupation et commune de résidence », précise-t-il.
Autres conclusions du sondage
Par rapport à l'ensemble des thématiques abordées, une opposition plus forte apparaît chez certaines catégories. « L'opposition apparaît plus forte chez les dirigeants et les personnes âgées de 50 ans et plus sur tous les sujets ci-haut cités, à l'exception de l'euthanasie où ce sont les indépendants (80%) et les personnes de 35 à 49 ans (79%) qui sont les plus défavorables. Les personnes moins instruites (non scolarisées et de niveau primaire) sont plus critiques sur l'homosexualité et l'euthanasie tandis que les plus instruites (universitaires) sont plus nombreuses à s'opposer à l'abolition de la peine de mort (56%) et à la publicité des boissons alcoolisées (53%). Comparativement aux hommes, les femmes (91%) ne supportent pas que les gens fument dans les endroits publics », argumente le sondeur.
Enfin, l'enquête a fait des révélations sur une question « tolérée » par 56% des Kinois, en l'occurrence la parité homme-femme. « Seule la parité homme-femme est tolérée par une majorité des personnes interrogées (56%), particulièrement les dirigeants (75%), les 50 ans et plus (63%) et les femmes (66%). Les scores de la parité homme-femme sont majoritairement favorables auprès de toutes les catégories de personnes interrogées, excepté les employés (47%) et les hommes (42%) ainsi que les non -scolarisés (42%) », conclut l'enquêteur.
Laurent Essolomwa
Source: Les dépêches de Brazzaville.
Edition de Kinshasa.du Lundi 26.03.2012.
L'étude a révélé que 36% des personnes consultées sont favorables à l'abolition de la peine de mort et de la publicité sur les boissons alcoolisées. L'agence Experts en conclut que les Kinois, dans leur majorité, sont des conservateurs. Les points abordés restent tabous et non débattus suffisamment en RDC, au moment où d'autres pays africains font un effort de s'adapter à l'évolution du temps. « Le mariage homosexuel, la parité entre homme et femme, l'euthanasie, l'abolition de la peine de mort, fumer dans les lieux publics et les publicités des boissons alcoolisées font partie des sujets d'actualité qui ne sont pas suffisamment discutés en RDC. Dans d'autres pays, il y a eu des avancées et/ou décisions claires », souligne l'enquêteur.
Cette absence de débat révèle aussi un certain malaise lorsqu'il s'agit d'aborder ces questions. « Lors de la session parlementaire du mois de juin 2011, certains de ces sujets (la parité homme-femme, l'homosexualité et l'abolition de la peine de mort) ont été abordés en RDC mais les débats ont été tellement passionnés qu'aucune décision concrète n'a été votée au niveau de l'Assemblée nationale », indique l'agence Experts.
À travers cette enquête, l'enquêteur a voulu simplement savoir comment les Kinois réagissaient face à cette situation. « Un échantillon représentatif de 1 000 Kinois a été interrogé du 8 au 10 juillet 2011, selon la méthode des quotas par âge, sexe, occupation et commune de résidence », précise-t-il.
Autres conclusions du sondage
Par rapport à l'ensemble des thématiques abordées, une opposition plus forte apparaît chez certaines catégories. « L'opposition apparaît plus forte chez les dirigeants et les personnes âgées de 50 ans et plus sur tous les sujets ci-haut cités, à l'exception de l'euthanasie où ce sont les indépendants (80%) et les personnes de 35 à 49 ans (79%) qui sont les plus défavorables. Les personnes moins instruites (non scolarisées et de niveau primaire) sont plus critiques sur l'homosexualité et l'euthanasie tandis que les plus instruites (universitaires) sont plus nombreuses à s'opposer à l'abolition de la peine de mort (56%) et à la publicité des boissons alcoolisées (53%). Comparativement aux hommes, les femmes (91%) ne supportent pas que les gens fument dans les endroits publics », argumente le sondeur.
Enfin, l'enquête a fait des révélations sur une question « tolérée » par 56% des Kinois, en l'occurrence la parité homme-femme. « Seule la parité homme-femme est tolérée par une majorité des personnes interrogées (56%), particulièrement les dirigeants (75%), les 50 ans et plus (63%) et les femmes (66%). Les scores de la parité homme-femme sont majoritairement favorables auprès de toutes les catégories de personnes interrogées, excepté les employés (47%) et les hommes (42%) ainsi que les non -scolarisés (42%) », conclut l'enquêteur.
Laurent Essolomwa
Source: Les dépêches de Brazzaville.
Edition de Kinshasa.du Lundi 26.03.2012.
Musique : Le premier volume d'Africa United pourrait être présenté à Kinshasa
L'association « Deux mondes production » sollicite la contribution de la Halle de la Gombe pour la tenue d'un concert inaugural où Kinois et Brazzavillois découvriront la nouvelle œuvre. La RDC devrait constituer le point de départ d'un projet conçu pour être d'envergure continentale. Le président de l'association « Deux mondes production », Timothée Dupinay, a dévoilé son ambition à propos en vue d'en faire le premier d'une série « dédiée à un pays différent d'Afrique ».
Une dizaine d'artistes français ont collaboré à la réalisation du nouveau CD qui comporte vingt titres. Des featuring franco-congolais seront à découvrir dans plusieurs titres. C'est le cas d'Africa où se sont associés Zion et Afro G ou encore de Viens faire un tour chanté par Jahraamooon et Marshall Dixon. L'on retrouve encore ce dernier dans un remix de son célèbre On est fatigué mais aussi dans Tristesse où MJ 30 a accompagné son featuring avec Stors.
Toujours dans le registre hip hop, ont participé aussi des artistes connus de la scène kinoise à l'instar de Madou, Oliverman, Isso et Larousse Marciano. La participation de Papa Wemba et Jean Goubald a également donné une coloration toute particulière à l'œuvre. Et le remix proposé d'Une nouvelle paix, titre interprété par 29 artistes congolais, reste significatif. L'on signale aussi la contribution de Patrick, un musicien de la République du Congo.
Le concert Africa United est tenu à être un « vaste projet ». L'association « Deux mondes production » tient à l'organiser à l'Institut français pour servir une cause philanthropique. En effet, l'association entend procéder à une vente du CD à cette occasion. Timothée Dupinay a dit son vœu de « réserver les bénéfices des ventes à plusieurs associations humanitaires et caritatives de Kinshasa ».
Par ailleurs, il souligne que l'édition des CD Africa United poursuit plusieurs objectifs. Il a annoncé, entre autres, le désir légitime « de propager, à travers la musique, les valeurs d'humanisme, de culture, de sagesse et de paix trop souvent oubliées ». Ce qu'il conçoit au final comme un moyen qui puisse contribuer à « combattre pacifiquement les fléaux et les divisions au profit d'une réconciliation durable entre les femmes, les hommes et les enfants de ce continent merveilleux ».
Nioni Masela
Source: Les Dépêches de Brazzaville.
Edition de Kinshasa.
Clip: Marshall Dixon.
dimanche 25 mars 2012
Alfred Liyolo plaide pour la valorisation de la femme congolaise.
Le célèbre artiste-sculpteur congolais réalise un monument à l’honneur de la femme maraîchère, sur fonds propre. Alfred Liyolo fustige depuis plusieurs années le délaissement des artistes par l’État congolais. L’artiste-sculpteur Alfred Liyolo M’Puanga a érigé, vendredi 9 mars à Kinshasa, le monument de la tête d’une femme pour rendre hommage aux maraichères de la capitale congolaise.
Il a, à cette occasion, loué des dizaines de mamans qui, au retour des champs, descendent la route de Kimwenza avec de bottes de légumes sur la tête. «J’ai pensé à cette tête universelle qui représente la tête de n’importe quelle femme avec sa coiffure qui représente des légumes qu’elle transporte avec sa bouteille d’eau sur la tête pour dire qu’elle est confrontée au problème d’eau mais elle se bat quand même pour nous donner à manger», a expliqué l’artiste. Alfred Liyolo dit n’avoir bénéficié d’aucunfinancement pour l’érection de cette œuvre d’art honorant la femme cultivatrice. «Je n’ai pas reçu quelque chose de qui que ce soit bien que ce monument de presque huit mètre de hauteur m’a couté très cher », a conclu Alfred Liyolo.
«Être artiste, c’est avoir de la volonté, de la droiture. Beaucoup n’arrivent pas, non seulement à joindre les deux bouts du mois, mais à accomplir autant d’années de vie artistique. Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens », déclarait l’artiste en 2007, à l’occasion d’une exposition à l’Hôtel Memling à Kinshasa marquant ses 45 ans de carrière artistique. Il avait ce jour-là présenté près d’une quinzaine d’œuvres sculpturales, dont L’envol (laiton patiné), La musicienne (bronze patiné), L’attente (laiton patiné), Le mirage du fleuve (bronze patiné), La passiflora (laiton patiné), Le flamant (bronze patiné), La parente (deux pièces laiton patiné), La détente (collection privée), Les abstinences (laiton patiné), La maternité (bronze patiné), Le taureau (bronze patiné).
En marge de sa participation en 2010 à la deuxième édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun à Yaoundé, ce monument de la sculpture en Afrique a évoqué la richesse artisanale de l’Afrique : « …l’Afrique n’est pas pauvre de ce côté-là. On parle seulement d’elle par rapport aux matières premières, l’or, le diamant, etc. Mais souvenez-vous de l’époque de nos grands-parents, c’était d’abord la statuette. Les autres essaient de nous distraire en disant que c’est de l’art, ceci ou cela. Mais non ! L’artisanat a contribué à nos économies, à vendre les couleurs nationales de chacun de nos États. Je crois que ce que le ministre (camerounais des PME, de l’Economie sociale et de l’Artisanat) essaie de faire, c’est une bonne occasion pour que chacun prenne conscience. L’artisanat occupe une place active dans l’économie de nos pays. Je peux prendre un exemple comme celui de l’Italie. Mais, c’est l’artisanat qui fait connaître ce pays-là à travers le monde. Donc, nous ici en Afrique centrale, le Cameroun, le Congo, la RDC et les autres, si on prenait une résolution de travailler ensemble, je crois que les choses évolueraient de façon plus remarquable ».
L’on retient aussi ce coup de gueule : « Il y a certaines autorités qui sont, à mon avis, des gens qui ne comprennent pas la chose, qui sont en quelque sorte des analphabètes culturels et ils laissent comme ça les artisans abandonnés à eux-mêmes, il n’y a aucune protection. Je prendrais le cas d’un quartier chez nous, qu’on appelle Météo, où vous trouverez autant de menuisiers et tous ceux qui font des travaux manuels, mais ils sont à l’air libre, ils réalisent du mobilier très bien fait. Mais quand il pleut, tout est dans l’eau. On ne pense même pas à leur créer un hangar. Déjà, ça gêne. Parmi ces gens-là, il y en a qui font du bon travail. Quand vous sillonnez l’Afrique de l’Ouest, les pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, vous y rencontrez beaucoup d’artisans congolais. Personnellement, je ne bénéficie de rien de mon pays. Mais c’est ailleurs qu’on parle de moi. Je prends un exemple, j’étais en Chine, et j’ai réalisé une grande œuvre de plus de 6 mètres, qui trône dans un des plus grands parcs de sculpture du monde, où le drapeau congolais est présent toute l’année. Je rentre au pays, je fais le rapport à qui de droit, même pas une petite lettre de félicitations. C’est un exemple banal, mais c’est comme ça. On ne reconnaît pas les gens qui cristallisent la culture de leur pays, qui vendent la culture de leur pays à l’extérieur. Tout ce qu’on connaît chez nous, c’est le football. Quand une équipe congolaise va jouer quelque part, on débloque tous les moyens. Tandis que les gens comme moi, quand ils participent à un grand symposium international, rares sont les fois où le gouvernement débloque des moyens pour leur venir en aide ».
Liyolo Limbe a enfin brièvement parlé de ses débuts dans les arts plastiques : « Ma carrière a commencé d’abord au niveau familial, parce que mon père était tailleur d’ivoire. Toute ma famille, mes aînés, mes cousins, a fait le même boulot. Puis après moi je suis allé faire mes études d’abord à Brazzaville et ensuite à l’Ecole des beaux-arts de Kinshasa. De là, comme c’était la période des indépendances, j’ai tout fait pour être boursier. Je suis allé en Autriche, c’est là que j’ai appris toutes les techniques évidemment modernes. J’étais parmi les meilleurs étudiants de ma promotion. J’ai obtenu le plus grand prix de l’Académie des beaux- arts de Vienne. En passant, c’est là où Hitler voulait faire sa carrière, puisque qu’il était peintre. Mais comme on ne l’avait pas admis, il avait quitté pour aller en Allemagne et entrer en politique. Mon professeur voulait me garder comme son assistant. Mais en 1976, j’ai eu la chance de croiser le président Mobutu en Allemagne, il était en voyage. Comme vous le savez, quand le président voyage, tous les étudiants viennent autour de lui pour présenter les problèmes. C’est là qu’il m’a découvert. Tout le monde était étudiant en médecine, ingénieur agronome, etc. Et moi le seul étudiant en art, il était tellement intéressé, il m’a dit : si vous terminez vos études, vous rentrez au pays, le pays a besoin de tout le monde. C’est ça qui m’avait encouragé, j’ai abandonné mon poste d’assistant pour regagner le pays. J’ai été engagé comme professeur, avant de devenir plus tard directeur des études et pour terminer directeur général de l’Académie des beaux-arts. Ma fierté est que j’ai pu former beaucoup de jeunes gens, pas seulement des Congolais, mais aussi des Gabonais, des Brazzavillois, des Tchadiens, voire des Camerounais, des Israéliens, etc. »
Né en 1943, Liyolo est Magister Artium de l’Académie de Beaux-art de Vienne en Autriche. Ses réalisations ont émerveillé les amoureux de l’art à travers le monde. Exilé pendant longtemps après la mise à sac de sa maison lors des pillages de triste mémoire en 1991, il rentre au pays en 2004. L’artiste est également professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa.
Martin Enyimo
«Être artiste, c’est avoir de la volonté, de la droiture. Beaucoup n’arrivent pas, non seulement à joindre les deux bouts du mois, mais à accomplir autant d’années de vie artistique. Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens », déclarait l’artiste en 2007, à l’occasion d’une exposition à l’Hôtel Memling à Kinshasa marquant ses 45 ans de carrière artistique. Il avait ce jour-là présenté près d’une quinzaine d’œuvres sculpturales, dont L’envol (laiton patiné), La musicienne (bronze patiné), L’attente (laiton patiné), Le mirage du fleuve (bronze patiné), La passiflora (laiton patiné), Le flamant (bronze patiné), La parente (deux pièces laiton patiné), La détente (collection privée), Les abstinences (laiton patiné), La maternité (bronze patiné), Le taureau (bronze patiné).
En marge de sa participation en 2010 à la deuxième édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun à Yaoundé, ce monument de la sculpture en Afrique a évoqué la richesse artisanale de l’Afrique : « …l’Afrique n’est pas pauvre de ce côté-là. On parle seulement d’elle par rapport aux matières premières, l’or, le diamant, etc. Mais souvenez-vous de l’époque de nos grands-parents, c’était d’abord la statuette. Les autres essaient de nous distraire en disant que c’est de l’art, ceci ou cela. Mais non ! L’artisanat a contribué à nos économies, à vendre les couleurs nationales de chacun de nos États. Je crois que ce que le ministre (camerounais des PME, de l’Economie sociale et de l’Artisanat) essaie de faire, c’est une bonne occasion pour que chacun prenne conscience. L’artisanat occupe une place active dans l’économie de nos pays. Je peux prendre un exemple comme celui de l’Italie. Mais, c’est l’artisanat qui fait connaître ce pays-là à travers le monde. Donc, nous ici en Afrique centrale, le Cameroun, le Congo, la RDC et les autres, si on prenait une résolution de travailler ensemble, je crois que les choses évolueraient de façon plus remarquable ».
L’on retient aussi ce coup de gueule : « Il y a certaines autorités qui sont, à mon avis, des gens qui ne comprennent pas la chose, qui sont en quelque sorte des analphabètes culturels et ils laissent comme ça les artisans abandonnés à eux-mêmes, il n’y a aucune protection. Je prendrais le cas d’un quartier chez nous, qu’on appelle Météo, où vous trouverez autant de menuisiers et tous ceux qui font des travaux manuels, mais ils sont à l’air libre, ils réalisent du mobilier très bien fait. Mais quand il pleut, tout est dans l’eau. On ne pense même pas à leur créer un hangar. Déjà, ça gêne. Parmi ces gens-là, il y en a qui font du bon travail. Quand vous sillonnez l’Afrique de l’Ouest, les pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, vous y rencontrez beaucoup d’artisans congolais. Personnellement, je ne bénéficie de rien de mon pays. Mais c’est ailleurs qu’on parle de moi. Je prends un exemple, j’étais en Chine, et j’ai réalisé une grande œuvre de plus de 6 mètres, qui trône dans un des plus grands parcs de sculpture du monde, où le drapeau congolais est présent toute l’année. Je rentre au pays, je fais le rapport à qui de droit, même pas une petite lettre de félicitations. C’est un exemple banal, mais c’est comme ça. On ne reconnaît pas les gens qui cristallisent la culture de leur pays, qui vendent la culture de leur pays à l’extérieur. Tout ce qu’on connaît chez nous, c’est le football. Quand une équipe congolaise va jouer quelque part, on débloque tous les moyens. Tandis que les gens comme moi, quand ils participent à un grand symposium international, rares sont les fois où le gouvernement débloque des moyens pour leur venir en aide ».
Liyolo Limbe a enfin brièvement parlé de ses débuts dans les arts plastiques : « Ma carrière a commencé d’abord au niveau familial, parce que mon père était tailleur d’ivoire. Toute ma famille, mes aînés, mes cousins, a fait le même boulot. Puis après moi je suis allé faire mes études d’abord à Brazzaville et ensuite à l’Ecole des beaux-arts de Kinshasa. De là, comme c’était la période des indépendances, j’ai tout fait pour être boursier. Je suis allé en Autriche, c’est là que j’ai appris toutes les techniques évidemment modernes. J’étais parmi les meilleurs étudiants de ma promotion. J’ai obtenu le plus grand prix de l’Académie des beaux- arts de Vienne. En passant, c’est là où Hitler voulait faire sa carrière, puisque qu’il était peintre. Mais comme on ne l’avait pas admis, il avait quitté pour aller en Allemagne et entrer en politique. Mon professeur voulait me garder comme son assistant. Mais en 1976, j’ai eu la chance de croiser le président Mobutu en Allemagne, il était en voyage. Comme vous le savez, quand le président voyage, tous les étudiants viennent autour de lui pour présenter les problèmes. C’est là qu’il m’a découvert. Tout le monde était étudiant en médecine, ingénieur agronome, etc. Et moi le seul étudiant en art, il était tellement intéressé, il m’a dit : si vous terminez vos études, vous rentrez au pays, le pays a besoin de tout le monde. C’est ça qui m’avait encouragé, j’ai abandonné mon poste d’assistant pour regagner le pays. J’ai été engagé comme professeur, avant de devenir plus tard directeur des études et pour terminer directeur général de l’Académie des beaux-arts. Ma fierté est que j’ai pu former beaucoup de jeunes gens, pas seulement des Congolais, mais aussi des Gabonais, des Brazzavillois, des Tchadiens, voire des Camerounais, des Israéliens, etc. »
Né en 1943, Liyolo est Magister Artium de l’Académie de Beaux-art de Vienne en Autriche. Ses réalisations ont émerveillé les amoureux de l’art à travers le monde. Exilé pendant longtemps après la mise à sac de sa maison lors des pillages de triste mémoire en 1991, il rentre au pays en 2004. L’artiste est également professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa.
Martin Enyimo
Source:Le Potentiel du 24.03.2012.
samedi 24 mars 2012
La chanson du week-end: Jusu'où Papy de Nyoka Longo et Zaiko Langa Langa.
La version 2011 de la chanson "Jusqu'où" de Nyoka Longo. A la voix de Nyoka Longo et Sam Manguana est associée celle d'une chanteuse de Kinshasa. Du côté instrument, l'apport du saxophone et de la guitare acoustique comme leads est remarquable.
dimanche 18 mars 2012
Nouvel album des Makoma: Evolution.
Spectacle : Niwel Tsumbu enchante les Kinois.
Le musicien congolais résidant en Irlande a gratifié, le 9 mars, par sa dextérité à la guitare et sa voix mélodieuse, le public venu l'écouter dans une boîte de nuit de la place. Pendant environ une heure, le virtuose de la guitare a réalisé une prestation exceptionnelle, accompagné de quatre choristes et d'un jeune violoniste, d'un guitariste bassiste et du percussionniste Parfait Zola. Niwel Tsumbu a eu quelques mots à l'égard du public. « Ce sont des jeunes très talentueux, nous avons très peu de temps de répétition et ils ont été impressionnants sur scène », a-t-il reconnu.
Des sonorités de la rumba congolaise, du new jazz, flamengo, rock, soukouss, de la musique classique et du heart beat d'Irlande se sont mêlées tout au long du spectacle, à la grande satisfaction du public. Le spectacle s'est achevé avec la chanson Jalousie composée par Parfait Zola, laissant l'assistance sur sa faim. C'était sa deuxième production à Kinshasa depuis son retour, après la performance réalisée au Café de la Halle à l'Institut français de Kinshasa.
Niwel qualifie sa musique de world au regard de tous ces mélanges. « Je joue la guitare depuis 1996 déjà à partir de Kinshasa ; j'ai beaucoup appris et je continue à apprendre. J'ai été formé par Crispin Ngoy dit Dollar qui réside actuellement à Brazzaville », a-t-il fait savoir à la fin du spectacle. En effet, son maître Crispin Ngoy est spécialement venu de l'autre rive du fleuve Congo pour voir son poulain parti de Kinshasa depuis dix ans. « J'ai joué dans beaucoup de groupes à Kinshasa, avant de m'installer en Europe ; j'ai fait partie du groupe Wenge Tonya Tonya d'Adolphe Dominguez où j'ai pris une part active dans l'arrangement des albums Affaire ya Tonya Tonya et Affaire ya Mouna. J'ai eu aussi à collaborer avec la chanteuse chrétienne Marie Misamu », a révélé Niwel Tsumbu.
À propos de la place de la musique congolaise à l'étranger, il affirme qu'elle est écoutée mais mal présentée par ses acteurs. « Elle doit être présentée autrement pour être appréciée à sa juste valeur », a-t-il souligné.
En 2002, Niwel Tsumbu se retrouve à Paris avec Adolphe Dominguez et le groupe Wenge Tonya Tonya pour un spectacle à l'Olympia. Avec certains musiciens, il décide de rester sur le Vieux continent. Ainsi débute sa carrière internationale, d'abord en Angleterre avant de s'établir en Irlande en 2004. Depuis, le guitariste, à la tête d'un groupe dans ce pays, continue son ascension dans le monde musical international en travaillant avec des artistes différents comme Mel Mercier et Liam O Maonlai, Baaba Maal, Gavin Friday, etc. Il s'est produit aussi dans des festivals de musique comme au Festival of World Cultures et à l'Exposition universelle 2010 en Chine, à The Reich Festival et Kilkenny Arts Festival.
Né en 1982, ce talentueux guitariste, ancien de l'école secondaire de l'Institut national des arts de Kinshasa, a sorti l'année dernière son troisième album intitulé S'all vibration.
Martin E. Mabada
Source: Les Dépêches de Brazzaville.
Edition de Kinshasa Vendredi 16.03.2012
Photo : L'affiche du concert de Niwel Tsumbu
Le myspace de Niwel Tsumbu
Des sonorités de la rumba congolaise, du new jazz, flamengo, rock, soukouss, de la musique classique et du heart beat d'Irlande se sont mêlées tout au long du spectacle, à la grande satisfaction du public. Le spectacle s'est achevé avec la chanson Jalousie composée par Parfait Zola, laissant l'assistance sur sa faim. C'était sa deuxième production à Kinshasa depuis son retour, après la performance réalisée au Café de la Halle à l'Institut français de Kinshasa.
Niwel qualifie sa musique de world au regard de tous ces mélanges. « Je joue la guitare depuis 1996 déjà à partir de Kinshasa ; j'ai beaucoup appris et je continue à apprendre. J'ai été formé par Crispin Ngoy dit Dollar qui réside actuellement à Brazzaville », a-t-il fait savoir à la fin du spectacle. En effet, son maître Crispin Ngoy est spécialement venu de l'autre rive du fleuve Congo pour voir son poulain parti de Kinshasa depuis dix ans. « J'ai joué dans beaucoup de groupes à Kinshasa, avant de m'installer en Europe ; j'ai fait partie du groupe Wenge Tonya Tonya d'Adolphe Dominguez où j'ai pris une part active dans l'arrangement des albums Affaire ya Tonya Tonya et Affaire ya Mouna. J'ai eu aussi à collaborer avec la chanteuse chrétienne Marie Misamu », a révélé Niwel Tsumbu.
À propos de la place de la musique congolaise à l'étranger, il affirme qu'elle est écoutée mais mal présentée par ses acteurs. « Elle doit être présentée autrement pour être appréciée à sa juste valeur », a-t-il souligné.
En 2002, Niwel Tsumbu se retrouve à Paris avec Adolphe Dominguez et le groupe Wenge Tonya Tonya pour un spectacle à l'Olympia. Avec certains musiciens, il décide de rester sur le Vieux continent. Ainsi débute sa carrière internationale, d'abord en Angleterre avant de s'établir en Irlande en 2004. Depuis, le guitariste, à la tête d'un groupe dans ce pays, continue son ascension dans le monde musical international en travaillant avec des artistes différents comme Mel Mercier et Liam O Maonlai, Baaba Maal, Gavin Friday, etc. Il s'est produit aussi dans des festivals de musique comme au Festival of World Cultures et à l'Exposition universelle 2010 en Chine, à The Reich Festival et Kilkenny Arts Festival.
Né en 1982, ce talentueux guitariste, ancien de l'école secondaire de l'Institut national des arts de Kinshasa, a sorti l'année dernière son troisième album intitulé S'all vibration.
Martin E. Mabada
Source: Les Dépêches de Brazzaville.
Edition de Kinshasa Vendredi 16.03.2012
Photo : L'affiche du concert de Niwel Tsumbu
Le myspace de Niwel Tsumbu
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