samedi 7 janvier 2012
jeudi 5 janvier 2012
MOZIKI "LITTÉRAIRE" 4
Camp Lifelo
Mon père me demandait toujours pourquoi je danse les mains obliques et les jambes en avant marche. Je répondais que j'ai des douleurs au ventre dès que j'exécute des pas de danse. Il m'amena même à deux reprises consulter les médecins. Je ne pouvais pas tout de même lui dire que j'ai appris à danser dans un camp militaire.
Il était connu de tout le monde. Je ne pouvais pas fumer une clope, sécher les cours, arrêter une fille sans qu'il ne soit au courant de rien. Il avait toujours un idiot qui voyait la scène et qui courait raconter, exagérant les faits.
On ne buvait donc pas de l'eau d'autant plus que huit maisons sur dix fonctionnaient comme des églises de réveil. Vous pouvez vous imaginer les interdictions et autres recommandations : tu ne te masturberas point, tu attendras le mariage pour faire l'amour ; tu ne regarderas point de film porno avant vingt-cinq ans ; tu parleras soit le français de La Bruyère soit le lingala classique et non pas le changa madesu ; tu ne partiras pas au stade de foot même quand c'est Réal qui joue contre Barça ; tu ne mettras point de beaux vêtements ; tu ne marcheras point comme Papa Wemba l'année de la création de Viva la Musica.
Ce dernier commandement était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Interdire à toute une génération de marcher comme le Vieux Bokul (1) c'est comme interdire aux Américains de larguer des bombes en Irak et en Afghanistan. Imaginez la névrose que ça peut leur foutre. Le comble est que les pays frontières incitaient leur jeunesse à adopter la démarche de Papa Wemba alors que nous, on nous privait de ce droit-là !
Nous n'avions pas de choix si ce n'était nous rincer l'œil au camp Lifelo. C'était le seul coin de la ville où on se sentait vraiment en sécurité. D'ailleurs, à l'entrée, trônait un grand panneau portant des phrases du genre "Le Congo s'arrête ici", "nous ne faisons même pas partie de l'Afrique" et "par quel miracle espérez-vous qu'on soit lié à votre pays !"
La population de Lifelo était constituée de démobilisés, d'anciens combattants, d'enfants soldats à la retraite, de parlementaires debout, de militaires de la dixième infanterie, de célibataires à temps partiel, de femmes libres, de maris de nuit, de touristes débarquant de quatre coins de la planète assoiffés de coltan et de sexe. Elle était en avance de quatre cents ans sur l'ensemble du territoire national. Elle vivait principalement de l'Article 15, appliquait le Code d'Hammurabi et soumettait les coupables en cas d'adultère à l'épreuve du citron et du ngonsu.
Mon père n'y connaissait personne. Les rares individus qui le connaissaient avaient d'autres chats à fouetter qu'à babiller des égarements d'une jument. Et c'est donc au camp Lifelo qu'on imitait scrupuleusement la démarche de Papa Wemba, c'est-à-dire deux pas en avant, cinq pas en arrière ; trois pas en avant, huit pas en arrière ; quatorze pas en avant, onze pas en arrière ; 2 minutes 27 de pause ; deux pas en arrière, trois pas en avant et cerises sur le gâteau : un rire rageur, le pantalon serré au-dessus du nombril, une chemise large, les souliers à base de croco capturé en Amazonie, la tête rasée au centimètre près, les bras ballants un peu en arrière comme un avion en train d'atterrir, le cou dressé, le flegme kinois et l'aisance de Jean Sarkozy.
Si vous pénétrez dans le camp, vous vous dirigez tout droit devant vous, vous tombez sur un hangar et tout juste à gauche se trouve le Club Procès-verbal où nous nous martyrisions. Nous n'étions pas les seuls. Les militaires arrivaient, brandissaient les baïonnettes et tiraient en l'air en signe de joie. Les touristes eux aussi s'invitaient, puant l'or, le cuivre et la bauxite de fer, à leur suite des canetons (2) aux seins-grosses-tomates.
Un groupe musical animait toutes les nuits. La seule et unique chanson,Général asi abali ngai kasi nakoki ko divorcer (3), durait cinq heures dont quatre de pure sebene et de déhanchement total. Le chef d'orchestre chantait deux couplets, sortait par la porte de derrière, partait faire l'amour à sa femme ou manger des beignets disait-on. Il revenait quelques minutes avant la fin du show. La foule criait alors toza na système ya lifelo ve dire moto eza kopela mais tozo sika te ! (4) Il attendait alors que la chanson s'achève, s'avançait avec son gros ventre, reprenait le micro, préfaçait la même chanson, s'échappait par la même porte, partait faire l'amour à sa femme ou brouter des beignets, disait-on.
Fiston Nasser Mwanza (Graz - Autriche)
Lien sur Fiston Nasser Mwanza.
décembre 2011/Source: africultures.com
vendredi 30 décembre 2011
RDC : l’inventeur de l’écriture «Mandombe» élevé au rang de docteur Honoris causa
L’inventeur de l’écriture «Mandombe», David Wabeladio, a été élevé
mercredi 21 décembre au rang de docteur Honoris causa par l’Université
de Kinshasa (Unikin). Pour ce chercheur congolais, le Mandombe est une
écriture qui possède son alphabet propre s’appuyant sur les chiffres 5
et 2 associés à des déclinaisons géométriques.
David Wabeladio explique que l’élaboration de cette
écriture est le fruit d’une recherche d’une vingtaine d’années, mais que
son apprentissage dure près de trois mois.
Il a mis au point cette écriture négro-africaine en 1978 à Mbanza Ngungu dans la province du Bas-Congo.
Le « Mandombe »
est utilisé pour transcrire le kikongo, le lingala, le tshiluba et le
swahili, quatre langues nationales de la RDC, ainsi que plusieurs
langues de l’Afrique centrale et australe.
Le professeur Elikya Mbokolo, l’un des évaluateurs, se dit
fier de cette invention et invite David Wabeladio à persévérer dans la
recherche permanente.
D’après de nombreux chercheurs et le rapport du jury du
doctorat de David Wabeladio, le «Mandombe» est reconnu par plusieurs
pays où cette écriture serait déjà enseignée.
Le gouvernement congolais reconnait l’invention et promet
d’inscrire David Wabeladio aux ordres des Léopards et de le nommer à
titre exceptionnel professeur d’universités.
David Wabeladio est âgé de 55 ans. Il est chercheur à
l’Université Simon Kimbangu à Kinshasa mais n’a jamais défendu de thèse
doctorale.
Il est désormais le deuxième Congolais élevé au rang de docteur Honoris causa de l’Unikin après le professeur Elykia Mbokolo.Source:radiookapi.net
Entre musiciens, l’inimitié est loin de céder le terrain même si la polémique n’est plus d’emprise
Kinshasa, 30/12/2011 / Musique
Franco Lwambo Makiadi reste le maître de la satire
dan la musique r-dcongotaise. Il en avait l’art. L’inimitié dans la
musique a toujours alimenté l’inspiration et la créativité, faisant les
délices des mélomanes et des fans des vedettes.
Difficile pour les musiciens de ne pas se lancer des piques à
travers leurs chansons non sans dose de satire malgré que la
« polémique » n’a plus d’emprise dans leurs milieux.De toute évidence, Franco Lwambo Makiadi reste le maître de la satire dan la musique r-dcongotaise. Il en avait l’art. L’inimitié dans la musique a toujours alimenté l’inspiration et la créativité, faisant les délices des mélomanes et des fans des vedettes.
On se délectera longtemps encore de beaux morceaux de Franco Luambe Makiadi, qui à la faveur de son désamour avec Jean Kwamy Munsi, alias « La Sintura », nous a produit des chansons satiriques célébrés comme « Chicotte », « Course au pouvoir »... Franco fustige le manque de sincérité dans l’amitié, l’ingratitude (vraie ou supposée ?) de Kwamy, une relation d’enfance.
Il fait allusion à la trahison de Judas face à Jesus... Dans sa réplique, Jean Kwamy Munsi tourne en dérision la fortune dont se venterait Franco.
C’est dans la chanson « Faux millionnaire » sortie avec l’African Fiesta aux côtés de Rochereau. Plus près de nous, Papa Wemba et Koffi Olomide ont pété les plombs en lançant des titres sur le marché du disque qui n’ont pas laissé indifférent.
Le même Olomide a chanté son désamour à l’égard de Félix Wazekwa qui ne l’a pas ménagé... On ne saura, hélas, éradiquer l’inimitié clans les rangs de nos musiciens. Mais, dans ces inimmes, que l’art l’emporte.
Musicien et auteur compositeur de génie, maître de l’improvisation, Franco a donné à la musique r-dcongolaise des oeuvres d’anthologie, qui font de lui un monument de la musique r-dcongolaise.
Il abandonné le thème de l’amour pour la satire. « Ma bouche a renoncé à chanter l’amour, que est la vérité », disait-il dans un featuring avec Tabu Ley Rochereau. Luambo s’est alors mué en peintre intraitable de la société r-dcongolaise, une sorte de Molière, dont l’oeuvre baigne dans un humour parfois sarcastique, la provocation de la bonne humeur. Franco chantait la femme et clouait au pilon les travers observes chez celle-ci.
D’aucuns le présentaient comme misogyne, tant il ne laissait pas de place aux frasques de la femme. Mais, l’homme, le male, n’était pas à son tour épargné. Autant, donc, qu’il chantait « Mamou », l’épouse infidèle, autant il fustigeait le comportement d’un man volage qui délaisse son foyer et ses enfants au profit d’une concubine et de la progéniture que cette maîtresse lui a donnée : ça s’appelle « Mario » ou « La vie des hommes ».
Le Maître dans l’art
Sur ce registre, les oeuvres de Franco sont légion. Chanteur culte, il a su donner à ses chansons une valeur sociale comme jamais un autre musicien ne l’a fait. Certaines chansons de Luambo sont de véritables fresques ou des tableaux décapants. Par exemple, « Makambo ezali Dourreau », « Très impoli »...
Sa musique lui a plutôt servi pour décrire la société dans laquelle il vit, et, surtout, pour en dénoncer les maux - même s’il faut pour cela heurter quelques responsables politiques bien positionnés dans l’appareil de l’Etat.
Contrairement à son éternel concurrent Tabu Ley qui, à travers chansons et proses, magnifie la femme sous ses di verses facettes, Franco, lui, s’il pane de la femme, c’est pour peindre avec une ire certaine, le côté scabreux de la compagne de l’homme.
« Mwana ya mbanda », « Iluse », « Ya yo te », « Alimatou », « Non », « Mamou » et d’autres chansons témoignent encore aujourd’hui des rapports difficiles que Franco a eus avec la gent féminine.
Résultat, sans doute, d’une enfance pas très heureuse passée dans le Bas-Congo dabord, puis à Kinshasa pour le jeune adolescent Mutetela du Kasaï oriental, né d’une mère Bas-Congolaise.
Pour sa satire, Franco a fréquenté la prison de Makala, à la suite des chansons en dessous de la ceinture, à la base d’une affaire où érotisme impudiquement offert au public, justice et politique ont s’entremêler.
Avec « Jackie » et, surtout, « Hélène », deux chansons pour le moins - comment dire ? Pornographiques, il franchit le seuil du tolérable. Les aventures sexuelles des deux dames, imaginaires, cela s’entend, sont livrées au public dans les moindres détails et avec des mots qui ne respectent aucune pudeur.
Les chansons ne sont certes pas imprimées sur platine mais leur réputation suffit à attirer au 1, 2, 3, le temple où il se produisait tous les week-ends, des milliers de supportées friands d’entendre ces chansons d’un genre nouveau.
Des enregistreurs clandestins amènent les deux chansons clans les bas quartiers de Kinshasa où elles font tabac. Ce qui permet à l’alors procureur général de la République, Léon Kengo wa Dondo, le même, de le poursuivre et de le faire embastiller pour atteinte aux bonnes moeurs.
Même libéré suite à l’intervention du président Mobutu, Lwambo a vécu cet emprisonnement comme une humiliation, et attendra son heure pour régler ses comptes l’impudent magistrat.
On imagine sa peine lorsque Kengo est nommé Premier ministre en 1983. La même année, Kinshasa bruissa des rumeurs folles faisant état de la sortie d’une chanson de Franco intitulée « Double nationalité » et qui serait consacrée au coordonnateur de l’Exécutif. La ville bougea sur ses fondements, Lwambo, lui-même, dut démentir.
Mais lorsque Kengo est viré en 1988, l’artiste largue une chanson intitulée « Mokolo tonga » littéralement « propriétaire de l’aiguillée - dans laquelle il se moque copieusement d’un haut responsable qui venait d’être renvoyé de son poste pendant du coup tous les privilèges dont il se prévalait. Pour l’opinion, le message est clair…
Daniel Cassinon Mpoyi/Le Soft International
samedi 24 décembre 2011
Kinshasa: la vie nocturne, comme elle va en période électorale.
ZAIKO 42 ans: Album "Bande-annonce": le clip de la chanson "Mo mambu".
mercredi 21 décembre 2011
Pépé Felly l’inventeur du « Sébène »
Kinshasa. Manuaku Waku, dit Pépé Felly s’illustre en père
fondateur du sébène, l’incarnation même du rythmique de l’orchestre
Zaïko, un de patrimoine de la musique congolaise.
Cet artiste guitariste a joué dans les albums « Plus vivant » de Lokua Kanza en 2005; dans « Le Quatro » avec Papa Wemba, Bozi Boziana, Evoloko, Gina Efonge en 2000; avec Papa Wemba et Viva la Musica dans « Pole position » en 1995 ; avec Jimmy Cliff dans « Love me love me » en 1987; au sein de Grand Zaïko Wawa dans « Mindondo » 1984 et avec Koffi Olomide et Papa Wemba de 1978 à 1979. Pépé Felly comme l’ont surnommé ses admirateurs, a aiguisé son talent au fil des ans. Il débute sa carrière en 1969.
Il a travaillé aux côtés des guitaristes et chantres de renons notamment Franco Lwambo Makiadi dans le « Tout Puissant OK Jazz », Docteur Nico Kassanda de l’African-Jazz ou Kale de « L’African- Fiesta.
Ses créations artistiques ont marqué d’une façon Indélébile l’essence rythmique du groupe musical Zaïko Langa Langa. Si bien qu’en 1973, Les critiques d’arts l’ont désigné comme Meilleur guitariste de la troisième génération, c’est-à-dire de la musique des jeunes de l’époque.
Pépé Felly est l’inventeur du « Sèbène », cette rythmicité endiablée, propre aux Congolais qui ne cesse à faire danser le monde entier, une mélodie sur deux ou quatre mesures en cycle ou boucle exprimant ce que le chanteur ne peut pas dire avec les mots, un son qui prolonge la chanson par une progression harmonique en vue d’atteindre le sommet de l’arrangement.
En 1978, il mettra en place avec Ray Lema le groupe musical « Les Ya Tupas ». Histoire d’améliorer les sonorités de La musique congolaise. Une belle aventure ou expérience, qui a été couronnée en peu de temps de succès.
« Les Ya Tupas ont réussi à rafler la même année le Prix « Maracas d’Or ».
S’il est l’un des fondateurs de Zaïko Langa Langa, il est aussi l’une des figures emblématique des rythmes ou mélodies qui ont littéralement dominé ou bouleversé la musique de ce groupe musical.
Pépé Felly c’est donc un grand artiste qui a toujours évolué comme un héros dans l’ombre. La guitare, il sait la jouer.
Saint Hervé M’Buy/Uhuru
Cet artiste guitariste a joué dans les albums « Plus vivant » de Lokua Kanza en 2005; dans « Le Quatro » avec Papa Wemba, Bozi Boziana, Evoloko, Gina Efonge en 2000; avec Papa Wemba et Viva la Musica dans « Pole position » en 1995 ; avec Jimmy Cliff dans « Love me love me » en 1987; au sein de Grand Zaïko Wawa dans « Mindondo » 1984 et avec Koffi Olomide et Papa Wemba de 1978 à 1979. Pépé Felly comme l’ont surnommé ses admirateurs, a aiguisé son talent au fil des ans. Il débute sa carrière en 1969.
Il a travaillé aux côtés des guitaristes et chantres de renons notamment Franco Lwambo Makiadi dans le « Tout Puissant OK Jazz », Docteur Nico Kassanda de l’African-Jazz ou Kale de « L’African- Fiesta.
Ses créations artistiques ont marqué d’une façon Indélébile l’essence rythmique du groupe musical Zaïko Langa Langa. Si bien qu’en 1973, Les critiques d’arts l’ont désigné comme Meilleur guitariste de la troisième génération, c’est-à-dire de la musique des jeunes de l’époque.
Pépé Felly est l’inventeur du « Sèbène », cette rythmicité endiablée, propre aux Congolais qui ne cesse à faire danser le monde entier, une mélodie sur deux ou quatre mesures en cycle ou boucle exprimant ce que le chanteur ne peut pas dire avec les mots, un son qui prolonge la chanson par une progression harmonique en vue d’atteindre le sommet de l’arrangement.
En 1978, il mettra en place avec Ray Lema le groupe musical « Les Ya Tupas ». Histoire d’améliorer les sonorités de La musique congolaise. Une belle aventure ou expérience, qui a été couronnée en peu de temps de succès.
« Les Ya Tupas ont réussi à rafler la même année le Prix « Maracas d’Or ».
S’il est l’un des fondateurs de Zaïko Langa Langa, il est aussi l’une des figures emblématique des rythmes ou mélodies qui ont littéralement dominé ou bouleversé la musique de ce groupe musical.
Pépé Felly c’est donc un grand artiste qui a toujours évolué comme un héros dans l’ombre. La guitare, il sait la jouer.
Saint Hervé M’Buy/Uhuru
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